Le burn-out est un épuisement profond lié au travail. Initialement observé dans les métiers du soin, il touche aujourd’hui tous les secteurs : industrie, administration, éducation, etc.
Il n’existe pas de définition unique et universellement reconnue du burn-out. Ce syndrome est complexe, multifactoriel, et peut prendre des formes variées. En effet, tant les facteurs que les conséquences sont multiples. Les symptômes du burn-out sont parfois similaires à d’autres pathologies. C’est pourquoi il n’est pas reconnu comme une « maladie » à part entière. On parle plutôt de « syndrome du burn-out » dont le diagnostic délicat devra être posé par un médecin après un examen complet visant à exclure d’autres pathologies.
Une fatigue à 3 dimensions
Le Conseil Supérieur de la Santé (www.hgr-css.be/fr) décrit le burn-out comme un processus multifactoriel qui résulte d’une exposition à un stress persistant. Ce dernier fait suite à un déséquilibre entre les demandes professionnelles et les ressources internes et externes dont dispose le travailleur. Ce stress provoque un épuisement sur 3 plans :
- Physique : fatigue telle qu’une nuit ou une période de vacances ne peut pas réguler (certains spécialistes parlent d’ailleurs « d’effondrement » plutôt que d’épuisement), troubles du sommeil, hypertension, dérèglements hormonaux, maux de dos, baisse de l’immunité, migraines, etc.
- Emotionnel : dérégulation de l’humeur, irritabilité, angoisses, pleurs, etc.
- Cognitif : perte de mémoire, difficulté de concentration, etc.
Des conséquences psychologiques
Cet état d’épuisement peut entraîner d’autres symptômes comme un repli sur soi et un sentiment de déshumanisation, voire de cynisme. Les travailleurs souffrant de burn-out ont tendance à s’isoler, à prendre une certaine distance émotionnelle avec leur travail et leurs collègues. Une forme d’insensibilité s’installe, comme un mécanisme de protection.
Une ancienne patiente témoigne :
« J’avais tellement de travail que je ne voyais plus la fin de ce que j’avais à faire ni même l’intérêt de m’impliquer comme je l’avais fait jusqu’alors. Je devenais comme un automate, j’effectuais une tâche après l’autre sans plus vraiment réfléchir.
La veille de mon arrêt maladie, j’assistais à une réunion de management alors que ma responsable m’en dispensait étant donné ma charge de travail. Mais j’étais tellement sous l’eau que je ne voyais plus la différence entre être derrière mon ordinateur plutôt que dans cette réunion à laquelle je n’avais d’ailleurs pas vraiment participé, ce qui ne me ressemblait pas. A quoi bon… En retournant à mon poste, j’ai fondu en larmes. Sur insistance d’une collègue, j’ai éteint mon ordinateur et je suis rentrée chez moi. Mon arrêt a duré 8 mois ».
Les travailleurs peuvent ressentir une forte inefficacité au travail, allant jusqu’à un sentiment d’échec et une perte d’estime de soi.
Cette même patiente poursuit :
« j’avais perdu confiance en moi et en mes capacités. J’avais l’impression de ne pas avoir été à la hauteur, tout en culpabilisant terriblement d’être en repos et de laisser mon équipe gérer à ma place ».
Comment évaluer le burn-out ?
Des outils reconnus tels que le Burn-out Assessment Tool (BAT) ou le Maslach Burnout Inventory (MBI) permettent d’évaluer les niveaux d’épuisement, d’engagement ou de distanciation professionnelle.
Cependant, ces tests ne remplacent ni un diagnostic médical, ni une approche personnalisée. Ils constituent un point de départ vers une meilleure compréhension de son état.